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Scream Queens

BETTIE PAGE


Par où commencer quand on veut parler de Bettie Page? Surtout dans son cas, alors qu’une simple photographie vaut mille mots. J’ai décidé d’inclure la Reine inconditionnelle des "Pin-Ups" dans le dossier Scream Queens pour son influence majeure sur la carrière de nombreuses actrices et/ou artistes du milieu artistique. Évidemment, Bettie n’a jamais tourné dans un seul film d’horreur (en fait, elle n’a tourné que dans trois "musicals" et plusieurs courts métrages), mais encore à ce jour, elle est vénérée par une multitude de "fans" à travers le monde.

ma 1ere photo de BettieJe suis conscient de la présence de Bettie dans ce monde depuis pratiquement vingt ans. À l’époque, je collectionnais le magazine français MÉTAL HURLANT (qui m’a fortement influencé dans mes écrits, pour le meilleur et pour le pire), autant pour leurs pages B.D. de science-fiction que par leurs critiques culturelles implacables et hilarantes. Dans un numéro, quelqu’un donnait une appréciation d’un fascicule américain publié par Belier Press en 1980 qui avait comme sujet un mannequin "underground" des années 50 nommée Betty Page. L’auteur la présentait comme "le plus beau corps à avoir été photographié depuis l’invention de la caméra". Personnellement, je fus secoué par l’impact de la photo noir et blanc accompagnant l’article de Bettie (photo incluse dans ce paragraphe), surtout la coupe de cheveux, avec le petit toupet particulier. Cette chevelure, je l’avais vue reproduite dans maints "comic-books" et autres oeuvres artistiques qui se devaient de présenter une femme fatale ou jeune beauté ténébreuse irrésistible. C’est avec émotion que je ressentais l’impact de découvrir un personnage important qui avait bénéficié à mon univers imaginaire. En d’autres mots, le charme de Bettie Page venait de faire une autre victime.

mon 1er magazine de BettiePeu de temps après, j’ai pu mettre la main sur le magazine de cinéma PREVUE, édité par Jim Steranko. Ce dernier vendait multitude de bouquins portant sur le cinéma, acteurs, modèles, B.D., etc., dans les dernières pages de son zine. Et voilà qu’il rendait disponible ces fameux fascicules de Bettie Page, pour la somme incroyable à l’époque de 7,00$ U.S.! Une fortune! Je m’en suis commandé deux et en peu de temps, à leur réception, je suis devenu un fan des photographies "érotiques" des années 1950 (et de Bettie en particulier, grosse surprise). Érotique est un bien grand mot pour décrire les photos coquines de l’époque: la nudité était majoritairement plus suggérée que démontrée, et oubliez tout de suite le côté explicite qui allait se démarquer des années plus tard. Je privilègie encore les canons de beauté féminins de cette époque (que voulez-vous, je suis vieux, ai des poils blancs dans ma barbe, radote constamment, etc.), canons de beauté que je peux décrire comme: "elle est faite comme une bouteille de Coke". Parlez-moi de Julie Newmar, Anita Ekberg, Jayne Mansfield ou Sophia Loren avant les poupées anorexiques d’aujourd’hui.

Tout ça pour dire quoi? Pour dire qu’avec la vision d’une seule photographie, Le Mystère Bettie Page poursuivait une tradition (que je prédis immortelle): celle de créer une armée de fanatiques sans avoir besoin de beaucoup de persuasion. En lisant la courte biographie incluse dans mes fascicules, c’est avec une certaine consternation que j’ai pu apprendre que personne ne savait où se trouvait Miss Page à l’époque (on ignorait même si elle était encore vivante). Une rumeur populaire demeurait qu’elle s’était convertie à la religion catholique et priait pour ses péchés dans un couvent depuis ce temps. Rien de bien convaincant, et je demeurais désolé que cette unique personne, sur laquelle je m’émerveillais de son influence importante, demeurait disparue. Et je n’étais pas le seul, comme vous allez l’apprendre plus loin.

Le chemin pour dépister Bettie Page allait être long pour Greg Theakston et j’y reviendrai dans la dernière partie de ce mini-dossier. Donc, voici la biographie de Bettie, telle qu’on la connaît maintenant. Avertissement: Bettie Page a précisé elle-même que l’écriture favorite de son prénom est bien B-E-T-T-I-E, et non B-E-T-T-Y. Pourtant pendant sa carrière, c’est bien BETTY que l’on retrouvait inscrit sur une multitude de couvertures de magazines. Par souci de précision et d’authenticité, je vais me servir de BETTIE.

Voici les différentes parties de notre dossier:

Daria Nicolodi
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