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BETTIE PAGE
Quatrième partie: que reste-t-il de nos amours?
Les principaux évènements depuis la "disparition" de Bettie en 1957 n’ont été dévoilés que dans les quelques dernières années. Comme je disais dans mon introduction, personne ne savait exactement ce qui était arrivé avec elle pendant de longues décennies. Des rumeurs farfelues de suicide, de victime de meurtre par la mafia ou de membre de culte satanique flottaient régulièrement dans l’air. Finalement, ceux qui présumaient une reconversion à la religion avait vu juste. Un peu trop juste, même.
Pendant toutes les années soixante, des photos de Bettie continuaient de circuler, toujours en demande, toujours appréciées. Par contre, avec l’arrivée de produits XXX la décennie suivante, la nouvelle permissivité visuelle de matériel pornographique prit le dessus. La curiosité du public allait être satisfaite par le "hardcore" et le dévoilement des parties génitales féminines dans des magazines pour hommes tels que Hustler ou Penthouse. C’est entre 1978 et 1980 que sont publiés les volumes de Betty Page Private Peeks, dont j’ai parlé au tout début et qui font toujours partie de ma propre collection. La graine venait d’être semée, si je peux dire, pour un regain d’intérêt sur Bettie Page. Des artistes-peintres comme Olivia de Berardinis ou encore Robert Blue allaient s’inspirer de vieilles photographies pour reproduire Bettie dans de saisissantes oeuvres graphiques. Dave Stevens (l’ancien époux de Brinke Stevens) allait également utiliser l’image de Bettie pour un personnage de sa série B.D. The Rocketeer. Peu de temps après, divers produits furent introduits sur le marché, notamment des t-shirts, des posters, des figurines, des cartes, "comics books" (dont l’hallucinant Tor Meets Betty: "Tor Wants Chicken!"), etc.
Un certain Greg Theakston se mit à publier le magazine The Betty Pages en 1989, qui rencontra un vif succès. En fait, Theakston est principalement responsable de l’engouement général pour Bettie et décida de se mettre à sa recherche, du moins découvrir ce qui était arrivé d’elle. Il put éclairci une bonne partie des origines familiales de son sujet et en arriva à la conclusion que Bettie était encore vivante, mais sûrement peu intéressée à partager son passé avec autrui. Le journaliste du Tennessee Tommy Goldsmith entra dans la danse, réussissant à obtenir un entretien avec un des frères de Bettie, Jack. Tout cela se déroule au moment où Bettie redevient libre en 1992. Elle accorde finalement une entrevue écrite avec Theakston qui sera reproduite dans un numéro de The Betty Pages et une autre entrevue par cassette audio pour l’émission télévisée Lifestyle of the Rich and Famous (!). Même Entertainment Tonight font une histoire sur elle, montrant un extrait d’un vieux court-métrage où Bettie danse frénétiquement. Stupeur mondialle, Bettie Page est encore vivante! Depuis ce temps, elle refuse de se faire photographier, se trouvant trop grosse et ne voulant pas briser l’image classique de sa beauté des années 50 et décevoir les fans. La chaîne E! Entertainment Television produit une biographie de deux heures sur Bettie en 1997 (très intéressante, d’ailleurs).
En peu de temps, Bettie et son frère Jack se retrouvèrent inondés de propositions de divers individus/entreprises qui cherchent à les aider à gérer le côté gestion/marketing de l’Univers Bettie Page. Pendant des années, des centaines de produits avec l’effigie de Bettie se sont vendus sans que la principale intéressée ne récolte le moindre sou des profits (le fait qu’elle ignorait complètement l’existence de ces produits n’est pas une raison qu’autrui profite financièrement de son image). Avec un "retour" inattendu, pourquoi ne récolterait-elle pas les dividendes de toutes ces ventes? Je n’entrerai pas en détails dans les problèmes que les Page ont eu pour trouver quelqu’un de fiable, mais je peux dire que Hugh Hefner (éternel gourou en robe de chambre et ascot de Playboy) a été un personnage-clé pour épauler Bettie à travers un marasme incompréhensible de droits non payés, de produits non approuvés, de fausses représentations et de poursuites légales qui auraient été infinies. Aux dernières nouvelles, Bettie vit maintenant confortablement dans la région de Los Angeles, encore médusée de sa popularité présente dans diverses couches de la population. Et il semblerait que son émission favorite est Xena Warrior Princess!
Malgré ses profondes convictions religieuses, il est intéressant de noter qu’elle ne regrette rien de son époque de modèle photographique, ne semble éprouver aucune honte envers ses photos S/M. Pour elle, tout cela n’était qu’un travail payant et amusant.
Ce qui a joué en faveur de Bettie, curieusement, est le fait qu’elle a été un mystère pendant si longtemps, qu’elle en était arrivée à un statut de légende mythique, une beauté perdue mais toutefois immortelle. Elle est au Panthéon des plus belles femmes du siècle (avec Marilyn Monroe, Sophia Loren, Raquel Welch, Brigitte Bardot et compagnie) et pourtant, elle n’a tourné dans aucun film, aucune production télévisée majeure, n’ai jamais été une chanteuse populaire. Par contre, toutes ces photographies noir & blanc des années 50, souvent naïves et maladroites, avec comme décor de très ordinaires salons familiaux de l’époque, ne se sont jamais effacées de l’esprit des amateurs. Encore aujourd’hui des produits à son effigie envahissent le marché, allant de simples briquets colorés à des CD-ROM élaborés compilant des courts métrages d’Irving Klaw. J’espère juste qu’elle finira ses jours encore plus heureuse qu’elle ne l’a jamais été. MERCI BETTIE TU ES MAINTENANT UNE SCREAM QUEEN HONORIFIQUE!

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