retour


Retour menu Scream Queens


Scream Queens

BARBARA STEELE
La beauté singulière de Barbara Steele

Commençons avec Barbara Steele parce que, franchement, on ne peut pas dire qu'on a bien le choix. Le Panthéon de grands acteurs d'horreur regroupe, comme vous le savez, les noms suivants: Boris Karloff, Lon Chaney Jr., Bela Lugosi, Peter Cushing, Christopher Lee, Vincent Price, John Carradine. La présence de Madame Steele avec ces gentlemen n'est pas scandaleuse: voilà la seule femme qui a connu une carrière cinématographique d'épouvante de qualité comparable à ces messieurs.

En fait, voilà une étrange confession: quand j'étais petit, j'avais peur d'elle. Ouais. Non pas qu'elle est repoussante, au contraire, mais je ne pouvais me remettre de son regard perçant, de ces étonnants yeux foncés qui dénotaient un esprit que j'estimais très tourmenté. Regardez-bien la photographie suivante et dites-moi si j'ai tort :


Barbara


Alors ? Voilà la marque de commerce de Barbara Steele: elle jouait la plus innocente des vierges perdues ou la plus vicieuse des baronnes perverses, et on ne pouvait que dénoter à quel point elle semblait «troublée». Ainsi, le destin de la majorité de ses personnages demeurait toujours incertain, ce qui à mon avis la rend absolument fascinante comme comédienne. Comment oublier ces immenses yeux, hautes pommettes, bouche cruelle ? Et il faut également noter qu'elle a participé à un grand nombre de productions qu'on peut appeler «classiques», contrairement à trop de Scream Queens à venir dans cette section (surtout dans des temps plus «modernes»), comme nous allons le découvrir.

Barbara


Barbara Steele est née le 29 décembre 1938 (d'autres sources disent 1937) à Trenton Wirrall, en Angleterre, et je n'ai pas plus d'idée que vous à savoir où cela est situé. La légende veut qu'elle aurait désiré être peintre, pour finalement se retrouver (après entraînement dans une troupe de théâtre répertoire) dans une comédie anglaise de 1958 intitulée BACHELOR OF HEARTS), où elle n'a qu'une phrase de dialogue. C'est bel est bien avec le chef-d'oeuvre noir&blanc de Mario Bava LA MASCHERA DEL DEMONIO qu'elle devient une sensation en 1960. Voici une liste de tous les titres alternatifs de cette production : BLACK SUNDAY, HOUSE OF FRIGHT, REVENGE OF THE VAMPIRE, THE DEMON'S MASK, THE DEVIL'S MASK, THE MASK OF SATAN. Ce film annonçait la maturité de l'Âge d'or du cinéma d'épouvante italien. Et il se laisse encore très bien regarder aujourd'hui. Barbara Steele, dans ce premier rôle d'horreur, joue deux personnages: la sorcière ressuscitée Asa et la pure héroïne Katia.

Barbara


La première séquence du film demeure une image incontournable du cinéma d'horreur: Asa est condamnée pour sorcellerie et un bourreau cagoulé lui enfonce un masque à clous sur la figure, alors qu'elle est attachée en petite tenue sur un poteau. Le génie visuel de Bava est exposé ici dans toute sa splendeur. Cette oeuvre demeure son premier film officiel, lui qui avait à ce moment co-signé quelques autres productions.

Barbara Poster Asa


Barbara fut appelée par un autre créateur très actif à cette époque, le prolifique américain Roger Corman, qui allait vivre de belles heures de gloire avec sa série Edgar Alan Poe. Encore une fois, elle joua un personnage au caractère très ambigu, dans un rôle presque secondaire mais si important... son sort final fait encore frissonner. Vincent Price était la vedette de cette excellente production, lui aussi profitant d'un personnage à double face.

The Ghost


De retour en Europe, Barbara se mit à tourner avec régularité dans des productions fantastiques italiennes (qui portaient régulièrement un sous-entendu sexuel macabre entre les lignes, comme le démontre THE HORRIBLE DR. HICHCOCK où le bon docteur semble s'adonner à la nécrophilie!). La violence également se trouvait au rendez-vous, alors que l'actrice se fait fouetter, étouffer, couper en morceaux (ou encore rend la pareille avant ou après sur ses agresseurs !). Malheureusement, plusieurs de ces films italiens disponibles en version anglaise proposent une autre actrice ayant exécuté le doublage, comme il arrivait souvent. Barbara aura quand même le temps de tourner avec Lucio Fulci, futur maître de l'horreur à l'italienne.

Ouch!


Quelques rôles plus différents par-ci, par-là: dans une comédie française avec Paul Meurisse LE MONOCLE RIT JAUNE, dans un Fellini classique 8 ½, YOUNG TOERLESS, etc. Mais après THE CRIMSON CULT, Barbara apprécie que son mari à l'époque, le scénariste James Poe, lui écrit un rôle important dans THEY SHOOT HORSES, DON'T THEY?. Quand le metteur en scène Sydney Pollack charcute la contribution de ce personnage pour la version cinématographique, Barbara abandonne le cinéma pour quelques années. On la retrouvera en gardienne de prison dans CAGED HEAT six ans plus tard, et dans le premier long métrage de David Cronenberg, tourné au Québec, intitulé THEY CAME FROM WITHIN.

The Crimson Cult


Barbara de nos joursDevenue productrice de télévision, son heure de gloire demeure l'hyper mini-série THE WINDS OF WAR et sa suite, WAR AND REMEMBRANCE (tenant également des petits rôles dans chacune). Pour ce dernier titre, elle a même gagné un Emmy Award pour son travail de production. À l'époque, assis éberlué devant ma télé, je m'étais exclamé: «Mais c'est Asa!» en la voyant grimper sur la scène pour ramasser sa statuette. Barbara a également joué dans la reprise des années 90 du feuilleton d'horreur des années 70 DARK SHADOWS.

L'attrait singulier de Barbara Steele demeure le mystère qui entoure tous ses personnages. À ce jour encore, je la regarde et me demande: «Ouan, va-t-elle me sauter dans la face par pure rage... ou juste m'embrasser de gratitude?». Sa sensualité glacée demeure à l'épreuve du temps. Comme la grande majorité des actrices qui seront «épluchées» dans cette section, elle ne semble pas vraiment vieillir. Qui sait vraiment s'il n'est pas trop tard pour l'admirer dans un prochain rôle dans une production horrifique de qualité?

Filmographie de Barbara Steele et posters de films

Barbara


Index
Brinke Stevens





Copyright © 1998 Presses S-F Internet - Tous droits réservés.