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SIGOURNEY WEAVER
Sigourney Weaver a débuté au cinéma en 1977 dans ANNIE HALL de Woody Allen. On peut l'apercevoir pendant exactement 6 secondes à l'écran. Ce travail lui a rapporté 50$. Deux ans plus tard, pour ALIEN, où elle vole littéralement la vedette, elle a reçu 30,000$. Nous savons tous que pour ALIEN: RESURRECTION en 1997, son cachet a été de 11,000,000$. Pas pire comme cheminement de carrière, côté financier. Quelqu'un a eu assez de temps à perdre pour calculer que cela équivaut à une augmentation de 220,000% en vingt ans!
Ce n'est pas surprenant de découvrir que le statut de Scream Queen de Sigourney Weaver provient principalement de sa participation à la série ALIEN, dans le rôle immortel du Lieutenant Ellen Ripley (et aussi, à un niveau moindre, à sa présence dans la série GHOSTBUSTERS). Mais voilà une Queen un peu différente des autres (pas parce qu'elle est moche, loin de là): il faut avouer que Ripley est un personnage d'action et non un objet décoratif. Il n'y a pas beaucoup d'actrices américaines qui ont bénéficié d'excellents rôles principaux et crédibles dans des films d'aventures: on peut les compter sur les doigts d'une seule main.
Susan Alexandra Weaver est née à New York le 8 octobre 1949, de Sylvester Weaver et Elizabeth Inglis (actrice anglaise qui a joué dans une poignée de films dans les années 30). Sylvester a été président du réseau de télévision NBC et on lui a souvent donné le crédit de l'invention du talk-show conventionnel, particulièrement le Tonight Show, encore sur les ondes aujourd'hui. Un des oncles de Sigourney, Doodles Weaver, était un acteur chevronné, doué pour la comédie. Donc, l'influence artistique de la famille n'est pas à négliger pour la carrière future de la Sigourney.
Quelle est la provenance du nom Sigourney? Elle a décidé de l'adopter en lisant le roman The Great Gatsby à l'âge de 14 ans, alors qu'un des personnages s'appelle ainsi. Initialement, son père voulait la baptiser Flavia. Au Yale School of Drama, Sigourney avait comme compagne de classe Meryl Streep. Elle participe à une multitude de tragédies grecques et bientôt se verra au générique d'un roman savon télévisé, SOMERSET, tout en travaillant à des pièces expérimentales off-Broadway. Arrive bientôt son début au cinéma, avec le fameux 50$ facile de Woody Allen. Premier rôle en vedette: MADMAN, racontant l'histoire d'un soldat russe juif qui déserte l'armée.
Suivra ALIEN, alors qu'elle tire le tapis de dessous Veronica Cartwright (la seconde des deux comédiennes au générique) et lui vole le personnage de Ripley. Voyons voir, Sigourney mesure 5'11", dégage un aura d'intelligence sexy et semble plus balancée que l'infortunée Cartwright, que je ne peux m'imaginer en Ripley, avec sa gueule d'éternelle victime. Ripley est un rôle salué par la critique, malgré une finale où notre héroïne est en petite tenue contre la créature extra-terrestre. Le pouvoir d'ALIEN était dû au fait que sans comédiens vedettes, on ne pouvait deviner qui allait survivre aux affrontements contre le monstre. Sans compter les qualités visuelles de Ridley Scott. Au fond, ce film n'est qu'un remake de IT! THE TERROR FROM BEYOND SPACE.
Conséquemment d'autres offres allaient survenir, cette fois pour des films à gros budget, comme EYEWITNESS et THE YEAR OF LIVING DANGEROUSLY. Avec l'immense succès de GHOSTBUSTERS, c'est avec plaisir qu'on peut apercevoir une Sigourney possédée et maléfique se trémousser dans la finale endiablée. Un film français avec Gérard Depardieu, UNE FEMME OU DEUX, semblait original sur papier mais n'était finalement pas la meilleure idée du monde, avec la participation de la minuscule sexologue américaine Dr. Ruth, par-dessus le marché. Sigourney épouse Jim Simpson, un metteur en scène de théâtre. Ensemble, ils auront une fille, Charlotte.
Ripley est de retour dans ALIENS en 1986, un hallucinant tour de force pour Sigourney Weaver, mélangeant action échevelée avec un personnage toujours crédible. On la compare presque à Schwarzenegger. Sigourney obtient même une nomination pour meilleure actrice aux Academy Awards, tout un exploit pour un film du genre. En 1989, deux autres nominations, cette fois pour meilleure actrice pour GORILLAS IN THE MIST, et meilleure actrice de soutien pour WORKING GIRLS. Doublement élue, doublement perdante, mais rarement acteur/actrice peut bénéficier d'un tel honneur dans une même année.
ALIEN3 n'a pas eu la popularité espérée et est démoli par la critique, malgré l'actrice principale qui prouve qu'elle n'a pas froid aux yeux et se rase complètement la tête pour le rôle (et la postérité). On craint que la série en soit arrivée à sa conclusion. Pendant ce temps, Sigourney continue à jouer avec habileté dans la comédie (DAVE) ou le drame psychologique peu reposant (DEATH AND THE MAIDEN) ou encore le thriller (COPYCAT). Curieusement, ses habitudes vestimentaires pour les galas et/ou premières officielles sont souvent contradictoires: elle peut paraître on ne peut plus élégante un soir, et le second, comme la "chienne à Jacques", si je peux me permettre d'utiliser un terme local populaire.
1997 fut une excellente année pour Sigourney: ALIEN RESURRECTION a été un succès potable au box-office (et malgré tout, j'ai adoré son interprétation d'un clone de Ripley), THE ICE STORM lui a apporté parmi les meilleures critiques de sa carrière et SNOW WHITE: A TALE OF TERROR en a surpris plus d'un, alors qu'elle incarne la méchante sorcière jalouse. Cette version a sûrement donné des cauchemars à "mon onc' Walt" Disney.
1999 marque le cinquantième anniversaire de naissance de Sigourney Weaver. Ai-je encore le droit de me répéter? Elle ne semble pas vieillir et réussit encore à surprendre avec de nouvelles parutions de photographies qui démentissent les ravages du temps à son endroit. Sans blague. De plus, un cinquième ALIEN n'est pas impossible (avec un salaire oscillant entre 18,000,000 et 20,000,000$). On dirait que les gens ne sont pas indifférents à Sigourney: on l'aime ou on ne l'aime pas. Si elle semble démontrer des petits airs hautains, on ne peut que la saluer pour avoir interprété une multitude de personnages forts dans un monde où les scénarios n'offrent pas une abondance de rôles convaincants pour les actrices. Si je ne m'abuse, le magazine Femmes Fatales l'a saluée comme ultime Scream Queen il y a quelques années. Comment pourrais-je faire moins?

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