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Universal Monsters

DRACULA (version espagnole)

1931; réalisé par George Melford; 104 minutes

Avec Carlos Villarias (Dracula); Lupita Tovar (Eva); Pablo Alvarez Rubio (Renfield); Barry Norton (Juan Harker); Eduardo Arozamena (Van Helsing); José Soriano Viosca (Dr. Seward); Carmen Guerrero (Lucia)

DraculaCe n'est pas compliqué: ce film est pratiquement supérieur à la version classique de Todd Browning! Pourquoi? Les scènes sont plus avantageusement longues (d'où la différence de presque 30 minutes), le dialogue plus explicatif, la mise en scène plus ambitieuse... Alors c'est quoi le problème? L'absence d'un acteur de la stature de Bela Lugosi, rien de moins. Carlos Villarias, même s'il ressemble étonnamment à Bela, n'a rien d'un méchant garçon. Même que ses gros plans à lui provoquent plus l'hilarité que de malaise. Il ne réussit pas à nous convaincre qu'il est l'être le plus méchant sur terre, encore moins sur son coin de rue. Ses mimiques, ses gestes... non, on est bien loin de son pendant de la version anglo-saxonne. Et c'est bien malheureux, car cette version en serait devenue supérieure, car elle est plus minutieuse et détaillée dans ses développements. Il y a plus de sex-appeal aussi (ce qui allait devenir de rigueur dans les films de vampires), en la présence de Lupita Tovar toute jeune et toute décolletée dans sa robe de nuit. Ah, le sang latin! On comprend mieux le grand sourire de Dracula.

Si certaines scènes sont plus élaborées, d'autres sont identiques aux deux versions. Par contre ici, on retrouve plus d'explications (comme sur les évasions continuelles de Renfield, par exemple). Même que les images de la version espagnole sont en meilleur état (à part une couple d'exceptions) que sur la version Bela. Pablo Alvarez Rubio mérite une mention très honorable en Renfield. Si Dwight Frye y allait plus en menace latente, Pablo est fou à lier d'un bout à l'autre. Ses hurlements sont encore dérangeants des décennies plus tard. "Maestro! Maestro!"

Scène du film: La finale, filmée avec beaucoup plus de conviction que Browning, avec des plans beaucoup plus entraînants. La vengeance de Dracula sur Renfield est également plus élaborée et pathétique, ce qui aurait dû être convenu chez Browning, qui te filme ça comme si la fin de semaine s'en venait et qu'il avait son voyage.

En conclusion, je recommande de visionner ces deux films l'un après l'autre. Tout le monde est à peu près d'accord pour dire qu'en gardant les meilleurs qualités des deux pour ne faire qu'un, DRACULA serait vraiment le classique immortel qu'on espérerait. Malgré tout, c'est une œuvre aimée de tout le monde et dont la célébrité semble convenue encore pour longtemps.

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