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THE
MUMMY
1932; réalisé par Karl
Freund; 74 minutes
Boris Karloff (Im-Ho-Tep/Ardath Bey)
Zita Johann (Helen Grosvenor)
David Manners (Frank Whemple)
Edward Van Sloan (Dr. Muller)
Arthur Baron (Sir Joseph Whemple)
Bramwell Fletcher (Ralph Norton)
Noble Johnson (le serviteur)
Youppi, voici un autre grand classique de
la série, peut-être l'ultime film de momie de tous les temps. Qui a besoin d'une tonne
d'effets spéciaux d'ordi quand une atmosphère on ne peut plus macabre rend le tout
encore plus efficace?
Comme d'habitude pour un film de ces
années, Universal nous propose comme introduction l'image d'un petit avion qui tourne
autour de la Terre. Puis, une surprenante miniature représentant le désert, des
pyramides et le Sphinx apparaissent rapidement, semblant tourner sur place et le titre se
présente sous nos yeux. Comme pour le DRACULA de l'année précédente,
la musique du Lac des Cygnes est le thème principal. On nous informe
textuellement de l'existence d'un certain parchemin de Toth, qui parle en général
d'immortalité.
On se retrouve donc en 1921, lors d'une expédition archéologique. Déjà, un
s'aperçoit que le tout sera probablement un chef-d'uvre d'éclairage, peu
surprenant en considérant que le metteur en scène Karl Freund est un des grands maîtres
de cet art, ayant photographié plusieurs chef-d'oeuvre du cinéma muet allemand. Dans un
tombeau nouvellement découvert, on retrouve trois hommes encore impressionnés de cette
trouvaille inespérée. L'un d'eux est le docteur Muller (joué par l'imperturbable Edward
Van Sloan, comédien à la voix particulière), l'autre Sir Joseph Whemple. Pendant qu'ils
s'obstinent sur la pertinence de faire partager certains objets anciens au monde en
général (à cause d'une prétendue malédiction qui semble entourer le corps momifiée
disposé à l'arrière-plan), le plus jeune d'entre eux met la main sur ce qui semble
être un parchemin ayant le pouvoir de redonner la vie aux morts. Cela ne prend pas
quelques minutes avant que la momie reprenne justement du service et quitte les lieux avec
ce parchemin sous une aisselle poussièreuse et le jeune archéologue devient soudainement
fou par cette vision incongrue. Le comédien Brawell Fletcher capote de façon totale et
rit débilement, nous honorant d'une des plus fameuses répliques sortie d'un film
d'horreur : "He went for a little walk!"
Encore une fois, le maquillage de Karloff en infortuné enrubanné
demeure un classique absolu, courtoisie du grand Jack Pierce. C'est curieux de constater
que cette magnifique création n'est aperçue à l'écran qu'une poignée de secondes et
laisse une impression inoubliable, alors qu'on devait sacrifier huit heures pour
l'appliquer. Juste la main de la momie saisissant lentement le papyrus (avec un petit bout
de poussière pendouillant d'un des doigts) flanque la frousse de brillante manière. Un
travail acharné, légendaire de façon justifiée.
Par la suite, on se retrouve en 1932 (les temps modernes!) pendant une autre
expédition archéologique chapeautée par Sir Whemple, aidé de son fils (sous les traits
du redoutablement "straight" David Manners). Plusieurs de leurs hommes portent
des casques ronds coloniaux. Karloff revient désenrubanné, portant le nom d'Ardath Bey,
un grand type mystérieux coiffé d'un fez. Inexplicablement, il met l'expédition sous la
bonne piste pour découvrir le tombeau de la princesse Anck-es-en-Amon, sous amour perdu
qu'il ne détesterait pas ressusciter pour égayer ses fins de soirées. Bey n'aime pas se
faire toucher, comme il l'avoue lui-même, car il n'est ni plus ni moins qu'une vieille
branche de bois mort sec.
Alors que les trésors de la princesse sont exposés au musée du Caire, Bey
fera par hasard la connaissance de la jeune Helen Grosvenor, qu'il croit immédiatement la
réincarnation d'Anck-es-en-Amon. Quel plan pensez-vous qu'il mettra de l'avant? Il se
débarasse d'un gardien de musée en l'effrayant à mort, laissant derrière lui le fameux
papyrus, qui retombera entre les mains des Whemple. Un gros plan sur la face de Karloff en
pleine passion hypnotique est absolument génial. Il met ainsi dans sa poche le serviteur
nubien de la famille d'archéologues.
Whemple senior mourra étouffé à distance (?) et le
serviteur remettra le parchemin à Bey. Le docteur Muller donnera un talisman égyptien
protecteur à Whemple junior, semblant plus ou moins chagriné par le départ hâtif de
son vieux. Évidemment, il tombe en amour avec Helen, qui a des "black-outs"
influencés par la présence d'Ardath Bey.
Ce dernier réussit à obtenir une audience privée avec Helen, qui ne le
repousse curieusement pas. Il lui fait part de son passé, dans un "flashback"
en temps ancien réussi pas son ton cruel et malsain. Il narre la maladie de la princesse
et son impuissance à la guérir, lui, son amant. Désespéré, il tentera de lui redonner
vie dans une séance abominable grâce au parchemin de Toth. La statue même de Toth se
met à bouger devant lui, alors que des gardes se saisissent de sa personne pour mettre
fin à ces insanités. Il est condamné à être momifié vivant, et on assiste à la
scène, un tour de force de terreur de Karloff, alors que les derniers bandages sont
appliqués sur sa figure. On l'entombe dans un lieu si secret qu'on massacre les esclaves
y ayant emenés toutes les babioles, ainsi que les soldats les ayant tués! Finalement,
Bey veut éliminer Whemple Jr., dont l'amour corromperait l'âme d'Helen, qui demeure
confuse de toutes ces révélations.
Notre amie, qui est vraiment la réincarnation de la
princesse, se fait vêtir comme il y a 3700 ans et semble consentante à reprendre de
très vieilles habitudes. Bey détruit le corps momifié d'Anck-es-en-Amon par les flammes
et décide, comme ça, d'embaumer Helen et en faire une momie ambulante comme lui, alors
qu'elle aura récupéré toute sa mémoire. Hello? Y a-t-il encore une pilote
dans l'avion? Whemple et Muller arrivent à la dernière seconde, alors qu'Ardath
Bey/Im-Ho-Tep se fait terrasser par la statue d'Isis qui bouge et le foudroie sur place.
Il s'écroule en cendres et Helen revient à la normale. It's an Universal Picture,
folks!
Avec un Karloff au sommet de sa forme et un visuel sans pareil, THE
MUMMY demeure un classique du genre, encore agréable à voir de nos jours.
Peut-être pourrait-on lui reprocher une certaine lenteur dans sa partie du milieu. Des
scènes ont été filmées montrant la princesse à travers les âges, mais ont été
abandonnées au montage. Ce film allait cimenter la popularité de Karloff (alors payé
400$ par semaine!). La sortie date du 22 décembre 1932. Une série de films de momie
d'Universal allait débuter en 1940, n'ayant pas nécessairement rapport avec celui-ci.
Freund semblait avoir de la difficulté avec les acteurs, ici Zita Johann en
particulier, alors qu'il aurait agi de façon tyrannique avec elle. Est-ce pour cela qu'il
n'a dirigé que très peu de films? Il a terminé sa carrière en photographiant le
célèbre show télévisé de Lucille Ball!


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